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Carnet de tendances

Retour aux sources pour le nouvel hôtel Imperator et son architecte très habité, Marcelo Joulia

Carnet de tendances     /     27 février 2018

Maison Albar Hotel a confié les clés du “chantier” de l’Imperator de Nîmes à Marcelo Joulia. L’architecte a accepté la mission et notre interview et par chance cet entretien ne s’autodétruira pas après que vous l’ayez lu. C’est parti pour une interview guidée.

Marcelo Joulia, c’est à vous que reviennent l’immense tache et le privilège de redonner toute sa splendeur au mythique Imperator de Nîmes. Vous confirmez ?

Affirmatif ! Avec mon agence Naço*, nous avons l’honneur et la responsabilité de faire revivre l’hôtel Imperator sous la marque 5 étoiles Maison Albar Hotel. Mon défi est donc double, ne pas décevoir les Nîmois et accompagner la marque dans son premier voyage en Provence. Plus précisément, ce que je ressens c’est que l’attente des Nîmois est forte et que “toucher” à cet hôtel, c’est comme toucher à une princesse qu’on n’aurait jamais vue !
L’imaginaire collectif autour de l’hôtel fait résonance dans toute la région. D’un côté le vécu des Nîmois ayant fait la fête et célébré des moments importants de leur vie dans les jardins aux ginkgos merveilleux. Et de l’autre, la mémoire évanescente, c’est à dire ce qui se passait dans l’hôtel jadis mais que finalement à part Hemingway ou El Cordobes, peu de gens ont vraiment vécu… C’est tout cela l’Imperator, et c’est sur cette histoire que repose l’identité du nouveau Maison Albar Hotel Nîmes Imperator.

Alors, don’t crack Under pressure comme aurait dit David Bowie ?!

Oui d’ailleurs je me demande si David Bowie n’est pas venu à l’Imperator… Vous savez, vers la fin, avant que Maison Albar Hotel ne rachète ce lieu pour le faire revivre, les habitants et les gens de la région se sentaient dépossédés de leur hôtel. Les choses avaient beaucoup changé. C’est tout le défi de cette transformation : retourner aux sources, aux origines, à l’âme de cette grande maison. En considérant le projet de la sorte, tout devient évident.

“L’hôtel avait gardé son âme et n’attendait plus que nous !”

Et la source, vous l’avez trouvée comment ?

Figurez-vous que c’est en cassant une cloison que nous sommes tombés sur des documents datant de la construction de l’hôtel, un très beau signe non ? L’hôtel avait gardé son âme et n’attendait plus que nous !

Ainsi, l’hôtel a été construit en 1929 par la fameuse compagnie des Wagons Lits. A Arles, le Jules César avait le même propriétaire. A l’époque, on construisait des hôtels pour avoir un endroit où séjourner après avoir pris le train. Nous avons retrouvé des photos et des cartes postales de cette époque, le logo d’origine de l’hôtel très art déco, le bar, les carrelages, des patines murales, les ambiances colorées des jardins car certaines cartes postales étaient peintes. L’hôtel était relativement dépouillé mais avec des formes architecturales fortes : grand escalier, arches, ferronnerie, jardins.

Le nouvel Imperator retrouvera son lustre d’antan avec toute la spécificité de l’hôtellerie cinq étoiles d’aujourd’hui, signée Maison Albar Hotel.

Et un hôtel aujourd’hui c’est quoi ?

On vit un moment très particulier depuis quelques années avec l’émergence des boutiques hôtels. Les parties communes sont devenues essentielles. Les chambres et les nouvelles villas que nous créons sont la partie privée de l’hôtel, l’endroit où l’on se retire, se repose. Sorti de cette chambre, on attend des lieux de séduction, des ambiances, ouvertes sur la ville. Il y a une grande perméabilité entre ces deux espaces. Et aucun membre de la famille ni aucun instant de vie ne doivent être oubliés.

“Faites-moi confiance, je m’y connais, je viens du Sud !”

Concrètement à quoi peuvent s’attendre les futurs hôtes du nouvel Maison Albar Hotel Nîmes Imperator et les habitants de la région ?

Je ne veux pas vous dévoiler toutes les surprises mais nous travaillons avec des artisans de la région pour les tissus, les meubles, la vannerie, les céramiques, les photos. Il y aura du bois, de la pierre naturelle, de grands miroirs à l’ancienne, des ouvertures pour que la lumière provençale circule. Une bibliothèque. Le grand escalier et le très bel ascenseur seront toujours là, fidèles à la mémoire des lieux, tout comme les arches, restaurées, embellies. La ferronnerie dessinera un thème, une ambiance entre le lobby, la galerie, le bar et la brasserie. Sans oublier un restaurant gastronomique avec un chef de renom. La transparence sera de mise avec des baies ouvrantes et des endroits pour profiter à toute heure de ce spectacle. Spa, piscine couverte et non couverte, salles de réception… Les jardins seront évidemment conservés afin de rester au cœur de la Feria. Le Maison Albar Hotel Nîmes Imperator sera de nouveau un lieu de vie unique, qui mettra en valeur les artistes de la région. Et faites-moi confiance, je m’y connais, je viens du Sud !

Vous venez de quel Sud ?

De plusieurs sud ! De l’hémisphère sud, en Argentine à Cordoba. Mais mon père était français, Aveyronnais exactement, et ma mère Castillane. Je suis arrivé en France à 17 ans en 1976 avant le coup d’état militaire. La lumière, la fête, la corrida coulent dans mes veines. Je connais bien Nîmes et j’ai une maison à 20 minutes de l’Imperator. Nîmes c’est la Provence, une ville basse, à l’architecture ténue, où la lumière et l’espace sont omniprésents. Vous voulez comprendre cette ville ? Allez donc faire un tour aux Halles. Vous verrez comme les Nîmois sont des gens gourmands et Nîmes une ville où le plaisir et le désir infusent, en toute discrétion. Le Maison Albar Hotel Nîmes Imperator sera fidèle à cet esprit, je m’y engage.

* Naço signifie “intuition” en guarani, une langue amérindienne parlée notamment dans le nord de l’Argentine.